Directeur sportif chez Sébastien Loeb Racing : Gestion humaine et performances sportives

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Avec un dernier meeting WTCR en Malaisie au programme, la saison touche à sa fin pour notre partenaire Sébastien Loeb Racing. L’occasion pour nous de continuer notre série de portraits afin d’en savoir un peu plus sur les différents rôles qui composent une telle écurie de sport automobile.

Cette semaine c’est à la rencontre de Franck, directeur sportif, que nous sommes allés. Avant de prendre le départ pour les sommets enneigés de Val Thorens et la première manche du e-Trophée Andros, nouveau défi de l’intersaison pour SLR, Franck nous a accordé quelques instants pour nous faire partager son quotidien dans le team.

Portrait Franck Tiné

Franck, depuis combien de temps as-tu rejoint le team et quel a été ton parcours avant Sébastien Loeb Racing ?

C’est ma sixième saison au sein du team, mais nous nous fréquentons depuis 2013, j’étais team manager d’une équipe de FIA GT Series où SLR était également engagé avec deux autos. Nous collaborions en parallèle en Porsche Carrera Cup, car l’un des pilotes que je manageais était engagé avec SLR. Auparavant, j’avais brièvement tenté une carrière de pilote, mais je me suis rapidement fait à l’idée que ce n’était pas pour moi, et qu’il existait d’autres manières de vivre ma passion. J’ai donc enchaîné en organisant des échanges avec des teams asiatiques pour offrir de nouvelles perspectives à de jeunes pilotes talentueux en mal d’opportunités en Europe. Dès lors, je me suis consacré au management de pilotes et de teams.

Parle nous de tes missions chez SLR ? As-tu une journée type ?

“Il n’existe pas de journée type ”

C’est justement cela qui rend le travail excitant ! Les sujets diffèrent vraiment suivant la période. Je suis souvent en contact avec les organisateurs des championnats et les pilotes pendant les périodes « creuses », et nous faisons des points réguliers avec les ingénieurs responsables des programmes sur lesquels je suis impliqué.

concertation team SLR

Plus les épreuves approchent, et plus on rentre dans le concret, avec la préparation du meeting. Il s’agit de veiller à ce que tout se déroule bien entre les différents pôles en amont, la logistique, les pilotes, la technique, l’événementiel lorsque l’on a des partenaires à accueillir, en m’assurant que tout le monde dispose des infos nécessaires et que les plannings sont cohérents. Ensuite sur le meeting, je m’assure du rythme de l’équipe, de l’organisation générale, des briefings et debriefings… En cas d’incident de course, je vais plaider la cause de nos pilotes auprès du collège des commissaires, mais un week-end réussi est un week-end où cela n’arrive pas !

Quel est ton lien avec les équipes : pilotes, ingénieurs et mécano ?

Sur les meetings, je suis le référent règlement, donc s’ils ont un doute, les ingénieurs et les mécaniciens viennent me demander des précisions pour ne pas faire de bêtise. Ensuite, mon rôle est de trouver le compromis entre les demandes des pilotes, les contraintes du staff technique, et bien entendu les limites réglementaires. Et dès que nous quittons le circuit, nous passons ensuite de chouettes moments tous ensemble.

Franck Tine

Comment gère-t-on de jeunes pilotes ou au contraire certains pilotes plus expérimentés ?

Ce n’est pas forcément une question d’âge ou d’expérience du pilote. Cela a une incidence évidemment, mais il faut surtout savoir s’adapter au caractère, aux attentes de ce dernier, et à son entourage. Certains pilotes ont besoin d’être rassurés, d’autres d’être un peu plus poussés.

“Le point principal est la relation de confiance.”

Si les échanges ne sont pas 100% honnêtes et sans filtre, ça ne peut pas fonctionner. Si on ne se cache rien, on avance et on progresse, et la relation n’en est que plus forte. Peu importe l’âge, les origines, la catégorie dans laquelle nous courrons, nous vivons de grandes émotions ensemble et nous ne perdons jamais contact, même une fois la saison terminée !

L’intersaison approche, ton rôle prend aussi tout son sens pendant cette période ?

Oui, c’est là où tout doit s’organiser, du choix des programmes à la sélection des pilotes, la mise en place du staff… C’est une période stressante mais passionnante, car il s’agit de faire les bons choix et de mener les projets au bout ! Mais après quelques semaines, l’adrénaline de la course fait défaut et nous n’attendons qu’une chose, retrouver la compétition !

Y-a-t-il un programme en particulier sur lequel tu interviens ? La Porsche Carrera Cup France ou le Rallycross WRX ?

Ces deux dernières années, j’étais effectivement sur ces deux programmes complémentaires car très différents. Si j’ai l’habitude du circuit et de ses astuces, participer au championnat du monde de Rallycross a été une expérience très enrichissante, car il fallait perdre de nombreux réflexes pour apprendre les spécificités de cette compétition. Une vraie remise à zéro. La saison complète que nous avons effectuée en 2018 restera un excellent souvenir, aussi bien humainement que professionnellement.

Team SLR
Instant de vie team sebastien loeb racing

Le e-Trophée Andros, un nouveau défi pour SLR ?

“C’était le moment pour l’équipe de tenter l’aventure de la glace.”

Avec l’arrivée de l’électrique, un vrai tournant a été pris. Nos équipages sont parfaits, avec l’énorme expérience d’Olivier Panis, la jeunesse de Louis Rousset et de Jérémy Sarhy, un pilote que nous connaissons bien puisqu’il a roulé chez SLR tout comme Quentin Giordano, qui avait réalisé de belles prestations en rallye. Et bien entendu, le fait que le boss démarre l’aventure au volant, c’est un gage de retour technique précis mais aussi un symbole fort.

Un souvenir ou anecdote forte avec Sébastien Loeb Racing ?

Il faudrait une vie pour tous les répertorier tant nous passons de beaux moments, mais la victoire reste toujours le meilleur souvenir, l’accomplissement de la mission. Celle de Christophe Lapierre à Magny-Cours cette année restera toutefois gravée pour longtemps, pour plein de raisons.

Originaire de la région iséroise, connais-tu Starterre ?

Bien sûr, il serait difficile de ne pas connaître une belle entité comme Starterre ! Si ce nom m’a toujours évoqué le sérieux de leurs équipes, depuis que nous avons partagé des moments privilégiés sur les circuits, je dirais que le mot qui les caractérise est… passion !

Cette question finale se passe de commentaires 😉 nous laissons donc Franck à sa préparation du e-Trophée Andros et souhaitons bonne chance à toutes les équipes SLR pour braver le froid et nous rapporter de belles performances « givrées » ! Pour ceux qui voudront suivre les nombreux drifts sur la glace de Val Thorens, rendez-vous dimanche soir à 20H05 sur Canal Plus Sport en clair !

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