Chez Starterre, nul besoin d’une Journée des Femmes pour penser à elles. On pourrait imaginer que dans le secteur automobile, les femmes se font plus rares qu’ailleurs et pourtant… Avec (presque) cinquante femmes sur un peu plus de cent salariés, la parité est bien engagée ! Ces femmes occupent tous les postes chez Starterre : chargées de clientèle, acheteuses, analystes-programmeuses, responsable logistique (…) Parce qu’il fallait en choisir une (mais les autres ne déméritent pas !) c’est Laura que nous accueillons aujourd’hui dans ces pages avec un métier peu habituel chez les femmes. Son job ? Mécanicienne automobile !

Bonjour Laura, peux-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

“J’ai commencé une collection de vieilles voitures”

Bonjour, curieuse, je m’intéresse à tout, je touche à tout et, à 23 ans, j’ai toujours une grande soif d’apprendre. C’est à l’adolescence que j’ai commencé à m’intéresser à l’automobile et c’est très vite devenu une véritable passion. A tel point qu’aujourd’hui, j’ai commencé une collection de vieilles voitures (surtout des Citroën).

De là à en faire ton métier… tu nous racontes ?

Je suis arrivée dans ce métier un peu par hasard… J’étais au collège, en 3ème, l’année où l’on doit commencer à penser “orientation”. Je ne savais absolument pas quoi faire plus tard.

Un jour, alors que nous étions sur la route avec la voiture familiale, nous avons entendu un claquement sec, une bielle venait de traverser le moteur. Mon père a tenu à faire les réparations lui-même et il m’a appelé pour l’aider à tenir des pièces. J’ai passé l’après midi avec lui et ça a été le déclencheur !

“J’étais la seule fille au CAP et nous étions quatre au Bac Pro”

Quelques jours après cet épisode, je suis rentrée un soir du collège déterminée et j’ai lancé “papa, maman, je sais ce que je veux faire plus tard !”. Ils étaient tellement surpris qu’ils se sont assis et une fois la surprise passée, ils m’ont encouragée et soutenue à fond.

Je me suis inscrite au lycée professionnel Gabriel Voisin à Bourg en Bresse pour 4 années de spécialisation automobile. J’ai passé un CAP maintenance et réparation automobile (j’étais la seule fille) puis un BAC Pro (nous étions 4 filles).

Comment a réagi ton entourage ?

Ma famille n’a pas contesté mon choix, n’a pas essayé de me dissuader, au contraire, ils m’ont tous soutenue et encouragée. Je les soupçonne d’y avoir vu aussi leur intérêt 😉 Pratique d’avoir quelqu’un qui répare sa voiture à domicile !

mécanicienne auto

Peux-tu nous raconter ton expérience Starterre ?

Pour tout dire, quand j’ai postulé à l’offre d’emploi pour être mécanicienne chez Starterre, je ne m’attendais pas du tout à avoir le poste ! Je connais les préjugés dans ce milieu, c’est bien connu, les voitures c’est pour les garçons 😉 J’ai donc été très surprise d’avoir été choisie mais avec le temps, et maintenant que je connais les valeurs humaines de l’entreprise et de son directeur Mr Brissaud, je comprends mieux…

“Il y a beaucoup d’entraide et d’écoute entre nous
et nous prêtons attention les uns aux autres”

Cela fait maintenant un an que je travaille ici et, après avoir vécu une précédente expérience professionnelle où la femme mécanicienne n’était ni respectée ni prise au sérieux, j’avoue que je n’échangerais ma place pour rien au monde !

A l’atelier, nous sommes une équipe très soudée. Il y a beaucoup d’entraide et d’écoute entre nous et nous prêtons attention les uns aux autres. Je fais les mêmes tâches que tous les mécaniciens ici, mais si je suis en difficulté – parce qu’il ne faut pas se mentir, il faut parfois la force d’un homme, voire deux, pour soulever certaines pièces – je n’hésite pas à les solliciter et vice versa. Jamais on ne se moque de moi, tout est fait pour que je progresse (je n’ai que 2 ans d’expérience depuis ma sortie de l’école).

mécanicienne
mécanicienne automobile
Laura mécanicienne starterre

Que fait une mécanicienne exactement ?

Je fais de la mécanique et de l’électricité automobile standard. Je suis amenée à changer un pot d’échappement, des amortisseurs, des jantes ou même un embrayage. La seule chose que je n’ai pas encore expérimentée, c’est la distribution. Côté électricité, j’installe les faisceaux d’éclairage des voitures.

Je m’occupe aussi beaucoup d’accessoiriser les pick-up ISUZU. Ce sont des véhicules “personnalisables” : on peut ajouter une benne, un bac de benne, des protections de ridelle, un attelage, un hard-top (…) Le pick-up D-max est imposant, les pièces sont lourdes et difficiles à manier pour moi parfois. C’est typiquement le cas où je demande de l’aide à mes collègues masculins. J’aime bien cette partie de mon travail parce que j’apprends beaucoup de choses et les pick-up sont magnifiques

Est-ce que tu regrettes ce choix de carrière parfois ?

Absolument pas ! Je suis fière d’avoir réussi à exercer un métier plus souvent réservé aux hommes qu’aux femmes. Certes, ce n’est pas facile tous les jours… Le plus dur est de m’imposer dans un monde d’hommes. Quand on ne me connaît pas, je dois faire mes preuves avant qu’on ne me prenne au sérieux. Parfois il faut malheureusement que je hausse le ton pour qu’on m’écoute, c’est dommage d’en arriver là pour faire reconnaître mes compétences et ma légitimité. Difficile de faire changer les mentalités 😉 Ceci dit, j’aime ce que je fais et si c’était à refaire, je ne changerais rien !

Quel est le regard des autres sur ton métier ?

Leur première réaction est la surprise, parfois même, la stupéfaction pour certains (question de génération souvent). Puis une fois ce premier contact passé, soit ils restent réticents, ancrés dans leurs préjugés, soit ils montrent une grande curiosité et s’installe alors une vraie relation de confiance.

Leur curiosité est d’ailleurs assez rigolote. On me demande si ce n’est pas trop dur, comment je suis arrivée là, comment ça se passe avec mes collègues, comment je vais faire “moi toute seule” pour réparer ci ou ça (…)

mécanicienne starterre

Quels conseils pourrais-tu donner à d’autres femmes qui ont envie d’être mécaniciennes mais qui n’osent pas ?

Il faut qu’elles foncent ! Il n’y a pas de métiers spécifiques homme/femme. C’est une satisfaction et une fierté de réussir dans des métiers jusque là réservés aux hommes. Si elles croient dur comme fer à leurs rêves et à leurs ambitions, elles y arriveront !

“Quand on exerce un métier physique comme le mien,
il faut savoir écouter son corps et en prendre soin”

Autre conseil, quand on exerce un métier physique comme le mien, il faut savoir écouter son corps et en prendre soin. C’est clair, on ne peut pas tout soulever ! Alors, comme nous n’avons pas les mêmes capacités physiques que ces messieurs, il faut créer un esprit de cohésion d’équipe, d’entraide. Et c’est ce que j’ai trouvé ici !

Un petit mot pour la fin ?

Ça va vous étonner peut-être, mais pour moi, ce métier est le plus beau du monde ! Je suis heureuse et épanouie et je ne remercierai jamais assez mes parents d’avoir compris et soutenu mon choix ainsi que mes profs qui ont trouvé la bonne pédagogie pour me motiver et m’encourager (et surtout me traiter d’égale à égale). Et bien sûr un grand merci à Starterre de m’avoir donné ma chance et de me faire confiance.

Non, Laura, rien ne nous étonnes lorsque l’on connait ta passion pour l’automobile et ta persévérance. Merci pour cette interview toute en féminité entre deux boulons, un pick-up et un attelage !

Rendez-vous le mois prochain pour une nouvelle découverte des coulisses de Starterre. Mais en attendant, découvrez l’interview de Stéphanie, responsable de Starterre Chambéry, conductrice d’un gros véhicule généralement acheté et conduit par des hommes.

Interview : NatCordeaux
Crédit Photos : Gilles Vitry

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